Les réflexes archaïques (ou primitifs) sont des réponses automatiques à notre environnement dès la naissance. Ils servent de base pour notre développement moteur, cognitif et émotionnel. Quand leur maturation est “parasitée”, ils peuvent devenir des freins dans notre aisance corporelle, émotionnelle, relationnelle, nos capacités d’apprentissage.

Qu’est-ce qu’un réflexe ?

Un réflexe est une réaction automatique à ce qui nous entoure. Ils sont présents in-utéro lors des mouvements du bébé. Ceux-ci lui permettent de développer son système moteur, émotionnel et sensoriel. A la naissance, ils nous permettent de sortir du ventre puis de répondre à nos besoins primitifs : ramper, agripper, têter, etc …

Motricité de l’enfant

A la naissance, les connexions cérébrales ne sont pas totalement matures. La répétition des mouvements du bébé permet alors aux fibres nerveuses de se développer et de former un réseau de communication entre toutes les parties du système nerveux. Les réflexes primitifs maturent donc et finissent par laisser place à des comportements maîtrisés et autonomes. Les réflexes archaïques forment donc la base de notre développement corporel, cérébral, comportemental et émotionnel.

Exemple
Le réflexe de succion permet de mettre en place une grande partie du système sensoriel et moteur de la bouche. Ceci permet ensuite de développer l’alimentation par mastication, la parole, mais aussi de développer le système nerveux facial. Celui-ci est mis en jeu dans l’ensemble des mécanismes de régulation du système nerveux autonome, notamment dans le contrôle du rythme cardiaque, de la respiration, de la digestion et de la réponse au stress. Enfin, il comporte également une dimension émotionnelle puisque la têtée permet de rassurer l’enfant.

Que se passe-t-il en cas de non intégration ?

En cas de problèmes dans notre développement, ces réflexes primitifs peuvent rester en état non mature (non intégré) ou partiellement intégrés. Un réflexe non intégré vient parasiter le corps et le cerveau, saturant le système nerveux et nos capacités à gérer la situation (apprentissage, relation aux autres, peur, etc…)

Lorsque ceci se produit, celà demande une attention et une énergie beaucoup plus importante, des compensations physiques (postures, agitation, difficulté motrice, pipi au lit, douleurs ). Ces ressources “perdues” ne sont alors plus disponibles pour d’autres choses. Apprendre, communiquer, bouger, lire, écrire, prendre son autonomie peut alors devenir source de stress ou venir abimer l’image de soi. Or sous stress, ces réflexes sont encore plus difficiles à maîtriser….

Parmi les causes de rémanence des réflexes, on peut citer :

  • Grossesse
    Grossesse non désirée, Stress, Alitement, Pathologie, Empreintes émotionnelles, …
  • Accouchement
    Souffrance foetale, Cordon autour du cou, Forceps, Césarienne, Accouchement trop long, Expulsion trop rapide, …
  • Petite enfance
    Immobilisation médicale, Manque de bercement, Manque de contact tactile, Peu de temps au sol et sur le ventre, Trop de temps dans un transat ou cosy, Reflux avec plan incliné, Sous ou surstimulation, Pathologies, …
  • Enfance
    Vie scolaire, Vie relationnelle, Stress d’examens…
  • Adulte
    Vie perso, Vie professionnelle, Traumas physiques ou émotionnels, Manque de mouvement, Paralysie cérébrale, AVC

Comment peut-on réintégrer ces réflexes ?

La réintégration des réflexes peut se faire de nombreuses manières. Celle que j’utilise se rapproche de l’IMP. Au sein de cette approche, je favorise l’utilisation de différents types de mouvements tels que les mouvements rythmés, les bercements, les mouvements lents du corps, les pressions contre résistance, la stimulation manuelle de zones spécifiques.

Le temps que ce travail peut demander est très variable. Il dépend de l’état de maturité des réflexes, du but recherché mais aussi surtout de l’assiduité de la personne dans la pratique des exercices en séance et à la maison.

Exemples de troubles associés

  • Corporel
    • Agitation excessive
    • Enurésie (pipi au lit), fuites urinaires
    • Des troubles du tonus musculaire, une posture avachie
    • Marche sur la pointe des pieds
    • Des problèmes de coordination des mouvements
    • Difficultés à distinguer la droite et la gauche
    • Un manque d’endurance, fatigue chronique
    • Peur de mettre la tête en arrière, nager sur le dos, de faire la planche ou de faire des roulades arrière
  • Scolaire
    • Des troubles de la concentration, d’attention
    • Difficulté de compréhension, mémorisation
    • Difficultés de lecture, écriture
    • Difficultés à se repérer dans l’espace et difficultés en mathématiques
    • Troubles de motricité fine
    • Troubles dys
  • Sensoriel
    • Auditif : ne supporte pas les bruits soudains, les environnements trop bruyants
    • Visuelle: troubles visuels (coordination oeil / main, accommodation près / loin)
    • Tactile : chatouilleux, n’aime pas les câlins, besoin de couper les étiquettes
    • Troubles vestibulaires : manque d’équilibre, mal des transports
  • Emotionnel
    • Peurs, angoisses, anxiété, dépression
    • Agressivité, difficulté à gérer la frustration
    • Difficultés à accepter les changements
    • Gestion du stress
    • Relation aux autres
    • Troubles de dépendance affective